Argentine : Patagonie sauvage

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Depuis quelques minutes, le paysage a changé. Dans les airs, notre avion survole des fleuves enneigés, des steppes pourpres, des fjords émiettés dans le grand bleu. Bienvenue au Sud du monde, où la terre est devenue glace. Une glace dont les craquements seront nos fonds sonores. Immense Patagonie…

Etendu sur plus d’un million de kilomètres carrés côté argentin, le reste appartenant au Chili, ce territoire aux dimensions théâtrales délimité au nord par le rio Colorado et au sud par le cap Horn, est le refuge des fous de solitude blanche et des rebelles de tout poil. C’est avec le coeur déjà épris d’aventure que nous atterrissons à El Calafate, ville-étape de 20.000 habitants située au pied de la cordillère des Andes.

Croisiere6Croisière au coeur des icebergs

Parti à l’aube de Puerto Bandera, un embarcadère situé à environ 50 kilomètres d’El Calafate, notre bateau glisse sur le lac Argentino qui s’est paré d’étonnants reflets d’absinthe. Sur le ponton, on souffle pour se réchauffer les mains, tandis qu’autour de nous se déploient des icebergs aux formes fantasmagoriques. Ils appartiennent à Upsala, un glacier plus étendu que la ville de Buenos aires. Nos regards s’élèvent à septante mètres, ne captant pourtant qu’un huitième de sa hauteur totale. En réalité, ce géant de glace s’enfonce à 490 mètres sous les flots ! Le bateau poursuit sa traversée dans des eaux devenues turquoises, reflets d’un soleil devenu plus présent. Nous retrouvons la terre ferme à l’Estancia Cristina, un lodge totalement isolé, accessible par bateau seulement. Dans un décor immense et minéral où s’ébrouent des dizaines de chevaux, nous partons cette fois pour une balade à pied, avant de rejoindre le bateau pour la traversée retour. Les plus fortunés pourront se loger à l’estancia. Perdus dans les étendues glacées de la Terre de Feu, leur unique souhait sera que le temps s’arrête…

Croisiere3Les craquements du Perito Moreno

Depuis El Calafate, on rejoint facilement par la route le glacier Perito Moreno. Si facilement d’ailleurs qu’il est le seul glacier andin que l’on observe de si près avec si peu d’effort. Long de 30 kilomètres, large de 5 kilomètres, haut de 60 mètres, ce mastodonte des glaces, a été déclaré patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco. Magnétique, vivant, il fait partie des seuls glaciers à prendre de l’amplitude, environ deux mètres par jour ! On pourrait passer des heures à l’écouter gronder, lorsque les blocs qui s’en détachent s’effondrent avec fracas dans le lac Argentino, le photographier d’un point de vue et puis d’un autre… Le déplacement à pied est facilité par un jeu d’escaliers métalliques et de passerelles qui permettent de l’admirer sous tous les plans. Le Perito Moreno fait partie d’un ensemble plus large, le parc national des glaciers, créé dans le but de protéger la calotte glacière de Patagonie, la plus grosse derrière l’Antarctique et le Groenland.

Trek2terTreks au Fitz Roy et au Cerro Torre

Depuis El Calafate, on emprunte trois heures durant une route majestueuse pour rejoindre le village d’El Chalten, l’un des plus attachants du voyage. De là, diverses marches autour des pics du Fitz Roy (3405m) et du Cerro Torre (3102m) sont possibles, qui exigent de bonnes conditions physique et mentale. Le matin suivant, comme à l’habitude ici, on se renseigne sur les conditions météo et on se munit d’une carte avant de rejoindre le sentier menant à la Laguna Torre. Au total, sept heures de traversée de forêt de lengas et de vallées, largement récompensées par des panoramas grandioses. A l’arrivée, la lagune dévoile une rive criblée d’icebergs d’où surgissent les colossales aiguilles granitiques du Cerro Torre, une montagne défiée par les plus grands alpinistes. Pour nous, il est temps de regagner El Chalten. On préserve nos forces. Le lendemain, on rejoint la Laguna de Los Tres, au pied du massif du Fitz Roy, accessible en neuf heures aller-retour. La randonnée commence tranquillement mais l’ascension finale, elle, est rude. Il y a le sentier de caillasses, qui devient franchement très pentu. Et puis il y a le vent, qui nous oblige à nous agenouiller et à protéger chaque centimètre de peau du visage littéralement giflé par une pluie de glace. Là haut, dans les sifflements d’Eole, le panorama offre une perspective extraordinaire sur le massif couronné de nuages.

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EN PRATIQUE:

  • Climat idéal : Entre octobre et mars.
  • Y aller : Vols quotidiens vers Buenos Aires. De là, Aerolineas et LAN proposent des vols quotidiens vers El Calafate (www.aerolineas.com.arwww.lan.com).
  • Equipement : prévoir des chaussures de marche, des vêtements de pluie qui sèchent vite et des habits chauds. Les nuits sont très froides et les vents peuvent souffler jusqu’à 160 km/h.

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